A l’origine rural, le territoire des Portes de l’Essonne s’est urbanisé progressivement avec l’arrivée du chemin de fer, le développement des lotissements pavillonnaires et la construction de grands ensembles dans les années 1960.
Les Portes de l’Essonne : cinq communes entre vallée et plateau
La communauté d’agglomération « Les Portes de l’Essonne » est constituée d’Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste et Savigny-sur-Orge. Ces communes sont situées au nord de l’Essonne, aux limites du département, dans la région naturelle du Hurepoix. Les « Portes de l’Essonne » prennent place sur le plateau de Longboyau (85m d’altitude environ), le coteau et la vallée de la Seine, sur la rive gauche du fleuve, et le haut coteau de la vallée de l’Yvette.
Des communes agricoles aux villes d’aujourd’hui
Les cinq communes de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne ont conservé de nombreuses traces de leur fabrication.
Du Moyen Age au XVIIIe siècle, les activités agricoles (céréales sur le plateau, vignobles sur le coteau, prairies dans la vallée), grandes fermes, villages et hameaux, dessinent un paysage essentiellement rural. Le territoire fait partie pendant des centaines d’années du « grenier à blé » de Paris. Les productions sont acheminées par la Seine et la route royale (actuelle RN7) vers la capitale.
L’arrivée du chemin de fer en 1841 (Ligne Paris-Corbeil) et 1843 (prolongement vers Orléans) va entraîner l’essor des communes qui bénéficient d’une gare. Des villas de villégiatures bourgeoises apparaissent sur les anciens coteaux viticoles d’Athis-Mons, de Juvisy-sur-Orge et de Savigny-sur-Orge. Surtout, la construction d’une gare de triage en 1884, entre Seine et Orge, va entraîner l’essor de Juvisy et d’Athis-Mons, avec l’installation d’industries en bord de Seine et le développement d’un quartier cheminot et ouvrier dans le Val. De 1894 à 1936, le petit train de l'Arpajonnais passe par Morangis avant de rejoindre les Halles de Paris. A partir de 1867, la construction de l’aqueduc de la Vanne est entreprise pour alimenter Paris en eau potable. Il passe à Paray-Vieille-Poste, Juvisy et Savigny.
L’entre-deux-guerres voit la construction de nombreux pavillons avec le lotissement des terres agricoles du plateau. C’est l’époque des cabanons, des « mal-lotis » et des « pavillons loi Loucheur » (loi favorisant la construction de logements populaires). La population des cinq communes augmente alors considérablement. Hameaux et villages sont devenus des villes de banlieue.
Durement touchés par les bombardements alliés du printemps 1944 visant la gare de triage, le quartier du Val d’Athis-Mons et le centre-ville de Juvisy-sur-Orge sont reconstruits après guerre. En 1954, Paray-Vieille-Poste est expropriée d’une grande partie de son territoire, pour permettre la création de l’aéroport d'Orly.
Les années 1960 sont une grande période d’urbanisation pour le nord du département de l’Essonne. A Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Savigny-sur-Orge, des grands ensembles sont construits sur d’anciennes propriétés aristocratiques ou des terres restées en culture sur le plateau. En 1960, les premières voitures s’élançant sur l’autoroute du sud (A6) passent par Savigny et Morangis. Dans cette dernière commune, la nouvelle autoroute favorise la création d’une zone industrielle à l’emplacement d’une briqueterie désaffectée.
Les années 1990 voient la transformation du centre-ville (ancien village d’Athis) et les débuts de la rénovation urbaine de la cité des 3Fdu Noyer-Renard à Athis-Mons, le déclin de la zone industrielle ancienne des bords de Seine et la désaffection de la gare de triage de Juvisy-sur-Orge. En un siècle, le territoire des Portes de l’Essonne a été profondément transformé. Le paysage rural des cinq communes a fait place au paysage urbain de banlieue, encore amené à se transformer.
Un patrimoine modeste à remarquer
Le patrimoine architectural des Portes de l’Essonne est extrêmement varié : église du Moyen Âge, cabanons des lotissements, châteaux du XVIIe siècle, grands ensembles des années 1950-60, anciennes fermes. Modeste ou remarquable, ancien ou récent, rural ou urbain, ce patrimoine est le témoignage des multiples facettes de l’histoire de la banlieue.
Recensé par le service de l’Inventaire général du patrimoine culturel (région Île-de-France), ce patrimoine est particulièrement bien documenté pour Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Paray-Vieille-Poste :
- Publications de l'Inventaire : Les Portes de l'Essonne. Tome 1. Athis-Mons, Paray-Vieille-Poste / Tome 2. Juvisy-sur-Orge, un territoire, des réseaux (consultation : réseau des médiathèques des Portes de l'Essonne et Centre de documentation de la Maison de Banlieue et de l'Architecture).
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Internet de la Maison de Banlieue et de l’Architecture maisondebanlieue.fr
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